Au Burundi, la communauté du Chemin Neuf est implantée à Bujumbura. La paroisse Saint Jean-Baptiste lui a été confiée. La maison communautaire se trouve de l’autre côté de la rue. Sept communautaires y habitent et soixante-dix-sept vivent dans leur maison à la capitale. La mission Cana, les missions pour les jeunes de 14 à 18 ans et de 18 à 30 ans, ainsi que la retraite autour de la relecture de son histoire de vie, appelée « Siloé », sont proposées dans le pays.
Sur la paroisse, chaque dimanche sont célébrées 4 messes. Pour chacune, il faut compter de 700 à 1200 paroissiens. 99 catéchumènes seront baptisés d’ici la fin du mois de juin. 60 couples suivent la préparation au mariage. La dimension missionnaire y est très présente.

Toutes ces missions sont possibles car elles « naissent de la fraternité », rappelle Jean de Dieu Nimubona, membre de la communauté du Chemin Neuf et vicaire sur la paroisse. « Jésus nous dit aussi que c’est à l’amour que nous avons les uns les autres qu’on nous reconnaitra comme ses disciples », poursuit-il.
Dans son quotidien, Jean de Dieu vit la fraternité comme « un appel, une vocation et comme une exigence évangélique ».

En parallèle de sa mission de vicaire à la paroisse Saint Jean-Baptiste, il est également responsable de la mission des jeunes âgés de 18 à 30 ans.
La pastorale paroissiale lui demande une grande quantité d’investissements sur tous les niveaux. « Il y a une soif immense qui fortifie et propulse l’élan missionnaire qui m’habite depuis longtemps », explique-t-il.
« La fraternité entre frères et sœurs est comme une source qui irrigue ma mission »
père Jean de Dieu, vicaire sur la paroisse Saint Jean-Baptiste à Bujumbura.
En vivant au sein de la communauté du Chemin Neuf, la fraternité entre frères et sœurs est « comme une source qui irrigue ma mission », partage le responsable de la mission jeune. Pour lui, les liens communautaires sont « un trésor visible et invisible » qui l’aide à traverser les obstacles. Ces relations fraternelles le protègent contre la tentation de ne compter que sur lui-même. Elles sont sources de consolation lors des partages ou des moments de qualité vécus avec des membres de la communauté.
« Je sens que le Seigneur me console et me fortifie quand je m’ouvre à un frère ou une sœur. Cette force permet de repartir et d’espérer. En ce sens, l’écoute fraternelle est un grand cadeau sur le chemin de la vie missionnaire », confie le vicaire.

La fraternité comme soutien spirituel et humain
Du côté de la mission auprès des jeunes de 14 à 18 ans, 11 communautaires sont au service. Pour porter avec eux l’organisation et l’animation des sessions, plusieurs jeunes viennent aider. La responsable Ange Paquitta Iradukunda, membre de la communauté du Chemin Neuf, est « touchée de voir les liens que le Seigneur peut tisser entre jeunes et vieux, comme nous aimons le dire ». La fraternité lui apporte une « immense joie ». Que ce soit lors des rencontres communautaires ou dans des moments plus simples en dehors de la communauté, « je rentre souvent chez moi remplie de gratitude et d’émerveillement », raconte la responsable.

Ange Paquitta, responsable de la mission 14-18 ans, entourée des jeunes investis au service des sessions

La fraternité prend aussi la forme d’un soutien concret. Lorsque Ange Paquitta porte un souci, une question ou un service à demander, elle s’appuie sur ses frères et sœurs de communauté.
Dans la mission 14-18 ans, les serviteurs sont soit des communautaires, soit des jeunes ayant déjà participé à des sessions organisées par la communauté du Chemin Neuf. Après une journée de rencontre ou à la fin d’une session, « je ressens une fraternité très forte entre nous, malgré nos parcours différents », partage la responsable de la mission 14-18 ans au Burundi.

Les liens communautaires nourrissent son désir d’être missionnaire. Ils lui rappellent que « le Seigneur nous envoie ensemble en mission ». La fraternité « m’aide à reconnaître et à accueillir les dons que Dieu a déposés dans chacun de mes frères et sœurs », enchaîne Ange Paquitta. Les membres de la communauté ne sont pas appelés à tout porter seuls, mais à se compléter les uns les autres.
La fraternité est un soutien spirituel et humain. L’intercession est un appui « lorsque j’ai une intention de prière ou que je traverse une difficulté. C’est une grande force de savoir que je ne porte pas seule ce qui me tient à cœur », explique la communautaire. D’un point de vue humain, les discussions simples du quotidien sur la vie et les expériences vécues l’aident à avancer avec « davantage de confiance et de sérénité », récapitule-t-elle.
Un trésor à chérir
La fraternité est un trésor à chérir chaque jour. Ce n’est pas à tenir pour acquis. Les enjeux sont nombreux. Accueillir les différences de sensibilité, de rythme de vie et des engagements, mais aussi trouver du temps pour se rencontrer gratuitement, en dehors des réunions et des préparatifs, demande du temps et un investissement personnel. Dans la mission 14-18, les moments simples pour se rencontrer « nous permettent de mieux nous connaître, de renforcer nos liens fraternels et de mieux nous porter mutuellement dans la prière », reconnait Ange Paquitta.
Dans les lieux de missions sur la paroisse, l’important est de « continuer à créer le lien fraternel avec les personnes vers qui le Seigneur nous envoie », insiste le père Jean de Dieu. « Nous sommes dans un pays qui a une culture de fraternité, d’Ubuntu et aussi un pays qui a traversé des époques de violences politiques qui ont provoqué des blessures, de la pauvreté, du désespoir, de la méfiance, etc.

La fraternité est une solution à la division, un médicament pour les cœurs brisés par la haine de l’autre, une source d’espérance pour la génération future », ajoute-t-il.
« Être frère, c’est un combat pour regarder le passé avec foi et courage, vivre le présent avec la grâce du ressuscité qui nous invite à être frères et sœurs dans le Christ, et envisager l’avenir avec l’espérance d’un pays et d’une Église unie, réconciliée et fraternelle. Cela est possible parce que le Seigneur nous envoie ensemble pour être la Parabole de la fraternité joyeuse et porteuse de la Bonne Nouvelle du Salut », conclut Jean de Dieu.

Traduit par l’intelligence artificielle