La récente reprise de la guerre au Proche-Orient ravivent la peur et les traumatismes. La Communauté du Chemin Neuf, implantée au Liban et en Israël, n’est pas épargnée. Un frère en Israël et une sœur au Liban nous partagent des nouvelles, leurs inquiétudes et leurs lieux d’espérance. Pour retrouver les nouvelles du Liban cliquez ici.
Par la père Damien Artiges, Responsable de la communauté du Chemin Neuf en Israël
Chers frères et sœurs,
Merci pour vos prières et messages de soutien ! Voici rapidement quelques nouvelles de notre situation en Terre Sainte. Dans la maison de l’Ecce Homo à Jérusalem, tout le monde va bien : quatre hôtes encore présents pour études ou travail, les sœurs de Notre-Dame de Sion, et nous-mêmes.
Les alertes sont encore fréquentes, au moins une ou deux par jour, et souvent la nuit. Chaque fois, nous descendons à l’abri au sous-sol, qui est le lieu archéologique du « Lithostrotos », c’est-à-dire le dallage, selon la tradition le lieu où Pilate a présenté Jésus à la foule (Jean 19,13).


Chaque fois on entend les détonations de missiles interceptés, et ces derniers jours, des débris plus ou moins gros de ces missiles sont tombés sur la vieille ville. Jusqu’à présent, les rassemblements de plus de 50 personnes sont interdits, et les grands lieux de prière sont donc fermés : église du Saint-Sépulcre, esplanade des mosquées, mur occidental.
Quand le conflit a éclaté fin février, il y avait une quinzaine d’hôtes dans la maison, et nous avons formé un bon groupe, international et très œcuménique : un petit groupe évangélique des USA, une femme évêque luthérienne de Norvège avec son mari, quelques allemands dont un pasteur, une femme grecque-orthodoxe de Chypre.

Avec eux et les sœurs de ND de Sion, nous avons vécu ensemble un temps de louange évangélique, la messe du dimanche au sous-sol, la bénédiction commune avec les autres ministres, une sainte Cène luthérienne.
Un vrai moment de grâce et de diversité réconciliée au cœur de l’épreuve, en ce lieu marqué par la Passion du Christ.
Dans les jours suivants, tous ces pèlerins ont heureusement pu trouver un moyen de rentrer chez eux.



Du côté de Tantur, Marie Farouza et la petite équipe de l’institut œcuménique accompagnaient un programme de formation avec quatre participants, le premier depuis le début de la guerre (octobre 2023). Tous ont choisi de rester jusqu’à la fin prévue du programme le week-end des 14-15 mars.

Ils ont donc vécu quinze jours de prière, de partage, mais aussi de rencontres. Si, pour obéir aux régulations, ils ne sont pas sortis du Campus, les intervenants sont venus sur place : ainsi, le gardien des clés du Saint Sépulcre, d’une famille en charge de cette fonction depuis 28 générations.
Juste avant l’attaque israélo-américaine, le groupe était en Galilée. Sur le lac de Tibériade, un double arc-en-ciel s’est levé l’avant-veille du début de la guerre, et ce fut comme un appel à veiller et à croire dans l’incertitude qui est devant nous. À veiller avec les habitants de ce pays et des pays voisins, à croire que le mal n’aura pas le dernier mot, qu’une paix juste peut advenir.
Notre sœur Delphine Seegoolam se trouvait à l’Île Maurice pour renouveler son passeport. Elle rentrera dès que la situation sera plus stable et que le trafic aérien pourra reprendre. En attendant, elle a pu voir sa famille, aider à la session Jéricho et elle participera à la rencontre des célibataires à La Réunion en avril.

Pour la Semaine Sainte et le temps de Pâques, nous attendions beaucoup de pèlerins à l’Ecce Homo, ce qui était très encourageant pour la vie de la maison, les communautés et le personnel. À mesure que le temps passe, les séjours sont annulés et il faut se résigner à une maison presque vide. Aux tensions de la guerre s’ajoute donc l’inquiétude face à l’avenir sur le plan économique, en particulier pour garder le personnel et continuer à leur donner les moyens de faire vivre leurs familles. Quelques religieux locaux nous rejoindront autour du triduum pascal et, comme chaque année, nous préparons et espérons vivre malgré tout les célébrations pascales avec les Pères Blancs et les Assomptionnistes.
Nous pensons à ceux qui sont plus menacés et qui souffrent de la guerre plus que nous, en particulier en Iran et au Liban ; nous continuons à compter sur la Providence, sur vos prières, pour la paix ici et dans tout le Moyen-Orient.
Bien en communion,
Damien