Texte de méditation

Relecture des dernières fêtes juives d’automne

Nous avons peut-être su que nos frères juifs ont fêté en septembre-octobre, ce que l’on appelle les fêtes d’automne.
Le fil qui relie l’ensemble de ces fêtes va du jugement au pardon, puis de la précarité à la joie.
Si nous faisons une relecture théologique, la séquence d’automne est surtout une théologie du temps : le temps y est sanctifié, rythmé, ouvert sur un accomplissement.
1. Roch Hachana : le temps comme jugement. Le shofar et la royauté de Dieu inscrivent chaque année sous le regard du Juge. Le temps n’est pas une simple durée neutre : il est chargé d’une responsabilité. Le thème est déjà eschatologique, car le jugement annuel anticipe le jugement dernier.
2. Yom Kippour : le temps rompu et rouvert. Le jour de l’expiation suspend le cours ordinaire (jeûne, vêtements blancs, comparaison rituelle avec les anges). La téchouva affirme que le passé n’est pas fatal : le pardon introduit une discontinuité dans la chaîne des conséquences. C’est le contraire d’un temps linéaire et irréversible. On peut y lire aussi la tension entre justice et miséricorde, les treize attributs, et le fait que le pardon divin ne dispense pas de la réconciliation avec autrui.
3. Souccot : le temps de la précarité et de l’espérance. La cabane rappelle le désert, mais aussi la fragilité de toute installation. La lecture de l’Ecclésiaste (vanité du temps) y côtoie la joie, et la tradition prophétique en fait la fête où les nations montent à Jérusalem : horizon universaliste et messianique.
4. Sim’hat Torah : le temps circulaire et ouvert. On finit la lecture du Deutéronome et on recommence la lecture de la Genèse : ni clôture ni répétition pure, mais une spirale où le texte reste inépuisable.
La prochaine fête sera Hanoukah du 5 au 12 décembre, grande fête de la lumière.

Proposition de lecture

Shema Israel : Dt 6,4-9
Appel d’Abram: Gn 12,1- 4
Je suis celui qui est : Ex 3,13-15
Bénédiction : Nb 6,22- 2
7

Confession de foi antique : Dt 26,5- 9
Le premier commandement : Mc 12,28-34
La foi d’Abraham : Hb 11,8- 12
L’héritage du peuple d’Israël : Rm 9.1-5

Par exemple : Nombres 6,22-27 :
Le Seigneur parla à Moïse. Il dit :
« Parle à Aaron et à ses fils. Tu leur diras : Voici en quels termes vous bénirez les fils d’Israël :
“Que le Seigneur te bénisse et te garde !
Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce !
Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix !”
Ils invoqueront ainsi mon nom sur les fils d’Israël, et moi, je les bénirai. »

Intercessions

R. Amen, amen, béni soit le Dieu d’Israël !

1. Père très aimant, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob,
toi qui as pleuré la violence entre Caïn et Abel,
nous te prions pour la paix au Proche-Orient,
nous te prions pour tous les peuples qui habitent cette terre
où tu as choisi de nous rejoindre dans notre humanité.

2. Père très aimant, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob,
toi qui as rendu possible la réconciliation entre Joseph et ses frères,
pour tout mépris à l’égard de ton peuple Israël, pardonne-nous.
(En signe de pénitence, nous restons quelques instants en silence.)
Nous te prions, Père, de faire grandir la fraternité
entre le peuple juif et les nations.

3. Père très aimant, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob,
toi qui as fait sortir Israël de l’Égypte et lui as rendu la liberté,
donne ta joie au peuple juif
et garde-le fidèle à ton Alliance.

4. Père très aimant, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob,
toi qui as uni les douze tribus d’Israël autour de la Torah,
donne la paix aux juifs croyants en Jésus.

5. Père très aimant, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob,
toi qui as envoyé ton Fils Jésus pour nous sauver,
fais reposer ta bénédiction
sur les chrétiens qui sont d’origine juive.

6. Père très aimant, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob,
Père de Jésus Christ,
toi qui as donné ton Fils bien aimé pour que tous soient un,
rassemble dans l’unité toutes les Églises chrétiennes.

7. Père très aimant, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob,
toi qui as promis au peuple juif la venue du Messie,
toi qui as promis à l’Église le retour de ton fils.
Nous te louons et nous disons dans l’Esprit saint : « Maranatha, viens Seigneur ! »

Oraison

Dieu éternel et tout-puissant,
écoute la prière de ton Église.
Toi qui as choisi Abraham et sa descendance
pour en faire les enfants de ta promesse,
conduis à la plénitude de la rédemption
le premier peuple de l’Alliance.
Fais que les nations de la terre
soient accueillies par grâce dans la famille d’Abraham,
et que toute la création, joyeuse, entre dans ton règne de paix.
Par Jésus le Christ Notre Seigneur. Amen.